Des membres de Transition-Coaticook ont entrepris des démarches en vue d'implanter un Marché public en ligne, semblable au Marché de solidarité récemment mis en place à Saint-Isidore de Clifton. Les Amies de la Terre Estrie fournirait l'expertise, l'encadrement et le système de gestion des commandes en ligne. Il en sera question lors de la prochaine assemblée publique de Transition-Coaticook qui aura lieu à la mi-avril (date à confirmer).

Qu'est-ce qu'un Marché public virtuel ? C'est un site qui met les consommateurs en contact avec les producteurs locaux. Les producteurs inscrivent la liste des produits qu'ils ont à offrir. Les membres (on devient membre pour le coût de 20 $ par année) peuvent composer leur panier d'achat à leur goût sans aucune obligation d'achat.
Un projet par et pour les citoyens
Une rencontre avec le directeur et initiateur du projet, André Nault, de l'ATE Estrie a permis de mieux comprendre les paramètres et les étapes à suivre pour la mise en place d'un marché. Voici ce qui ressort de cet entretien :
"Le marché de solidarité régionale est une démarche citoyenne dont le but est de procurer aux adhérents un système de mise en marché leur appartenant tout en leur donnant le choix des producteurs que chacun des groupes décideront selon leurs critères.
Le système permet une communication avec les producteurs et chacun des adhérents peut dialoguer avec les différents producteurs concernant leurs méthodes de production.
Le bénévolat est une partie de la participation citoyenne et sans le bénévolat, le marché de solidarité régionale ne peut pas exister. Il nous faut développer des valeurs de collaboration, de coopération et de communautaire si nous voulons passer à travers cette course à la mondialisation et de revenir à une autonomie régionale alimentaire."
D'après André Nault, les prix, qui offrent des revenus équitables aux producteurs, sont comparables à ceux pratiqués par les grandes surfaces. Parce que les producteurs n'ont pas à subir de pertes (pas d'inventaires ou de produits en consignation, pas de retour d'invendus). Pour les producteurs, la gestion est relativement facile: les producteurs la liste des produits achetés et le livrent à un point de chute unique. L'organisme responsable du Marché se charge de préparer les commandes des membres qui doivent payer une cotisation annuelle de 20$. Le consommateur n'a également qu'un seul arrêt à faire pour s'approvisionner en produits locaux.
"Les prix équitables sont pour le bénéfice des producteurs et des adhérents. Une participation citoyenne amène un équilibre intéressant à quatre niveaux. D'abord au niveau de l'autonomie, le projet de marché de solidarité augmente l'autonomie de la communauté plutôt que de créer une dépendance face aux grandes surfaces. Ensuite est-ce que le projet favorise l'équité, est-ce que c'est une seule personne qui bénéficie des revenus ou bien c'est la communauté qui en bénéficie le plus. Nous avons par la suite, la diversité, est-ce que le projet respecte la diversité agricole de la région ou bien veut-on faire un ghetto pour un groupe privilégié ? La diversité apporte l'équilibre. Finalement, est-ce que le projet est démocratique, les adhérents ont-ils leur mot à dire dans le déroulement ainsi que les producteurs, contrairement aux grandes surfaces où l'input des consommateurs est très négligeable et souvent irrespectueux pour ce même consommateur.
Parlons maintenant du choix des producteurs pour le marché. Le politique, les producteurs ne peuvent pas prendre des décisions par rapport à ces derniers. Seul des citoyens sont habilités à prendre des décisions concernant le choix des producteurs.
Le dernier point, les relations de confiance sont primordiales pour le développement des marchés de solidarité régionale. Les affres de la technocratie vont porter atteinte à ces liens de confiance qui peuvent se développer entre tous les intervenants du même marché. Quelqu'un disait, « Si l'on ne s'entend pas dans la vérité, on ne pourra certainement s'entendre dans le mensonge. »"
Un succès contagieux
Le premier marché solidaire a vu le jour en 2003. À l'origine, le marché comptait 10 producteurs et une trentaire de membres-acheteurs. Aujourd'hui, ils sont 1200 à qui une trentaine de producteurs dont la Ferme Groleau et la Bergerie du Lys (Joël de la Bruère), offre une palette de 1235 produits.
Des projets similaires ont pris naissance un peu partout au Québec récemment : Gatineau, Saguenay, Victoriaville, Waterloo, Magog et tout récemment, Saint-Isidore de Clifton.