Le troc et la monnaie locale à la une


Ce samedi 25 avril, le troc et la monnaie locale font la une du journal Le Devoir de Montréal. Stéphane Baillargeon y résume l'histoire des clubs de troc en Argentine et fait le point sur les échanges du genre Ta villa en Espagne contre mon chalet en Estrie. Il présente ensuite les T$ (TRADEdollars) de la Tradebank.


L'Argentine

L'Argentine fut la seconde patrie de Sylvio Gesell l'auteur de la théorie monétaire appelée à devenir une source d'inspiration dans de nombreuses mises à l'essai de monnaie locale. En 2001, le système financier de l'Argentine s'effondre. Le chomage atteint alors 23% le taux de pauvreté 47 %. Des initiatives locales, remontant à 1995, sont alors à l'origine d'un mouvement, les Clubs de troc,qui touchera bientôt 3 millions de personne:

«Cette initiative avait germé dans l'esprit de trois hommes qui dirigeaient le Programme d'autosuffisance régionale, un projet de gestion écologique du potager. Ensemble, ils inaugurèrent leur premier club de troc le 1er mai 1995, dans la petite ville de Bernal, en banlieue de Buenos Aires. Selon le mythe fondateur, l'idée leur est venue après que l'un d'eux eut proposé à ses voisins, à la suite d'une abondante récolte, de leur échanger des courgettes contre d'autres produits.

Ce système basé sur des échanges de biens et services allait peu à peu servir de paratonnerre à la crise économique qui frappait les Argentins de plein fouet. Au pire de la crise, le nombre d'adhérents à ce réseau global des clubs de troc a décuplé pour grimper à près de trois millions. «C'était notre refuge. On dit qu'il n'y a pas eu de guerre civile grâce à ce système alternatif qui a nuancé l'impact de la crise», a dit M. Ravera, enseignant de formation. » Source et suite.

Ta villa Espagne contre mon chalet en Estire.

Le site Trocmaison.com, filiale francophone de Homeexchange.com, compte 26 000 membres. Source et suite

Les T$, Une affaire rentable

«Tous les clients de la Tradebank s'échangent des services et des marchandises en TRADEdollarsª (T$). En gros, chaque lot est évalué et affiché dans une banque commune d'échanges gérée par un courtier. L'acquéreur paye dans la devise interne un vendeur qui peut ensuite acquérir un autre lot. C'est l'idée du cycle marchandise-argent-marchandise, mais en dollars T$. Mieux encore: un T$ vaut un huard pour faciliter les échanges.

Des exemples? Un collège spécialisé en management accepte de se faire payer un cours par un étudiant dans cette devise parallèle, disons 1000 T$, qui sont dépensés ensuite pour acquérir du matériel scolaire. Un magasin de meubles a récemment échangé des marchandises invendues contre un tas de T$ qui ont ensuite permis de payer une publicité et des réparations au toit de son immeuble. » Source et suite